Premier billet de cette nouvelle année 2026, et déjà un retour à la routine pour beaucoup d’entre nous. Retour au travail les deux yeux encore collés, poigné dans le trafic montréalais (ou Québec-Lévis, pas le pont Dubuc quand même), aux échéanciers avant la période d’impôts (ça s’en vient!) pendant qu’en dessous de la frontière, le Donald n’a visiblement pas perdu de temps pour remettre de l’huile à moteur sur le feu excessivement ardent et rendre l’atmosphère politique aussi stable qu’un blast beat sur un snare mal calibré. Cela dit, mes meilleurs vœux vont à tout le monde! Oui, vous tous, mon fidèle lectorat! Il faut rester optimiste, même si 2026 débute en mode intensité, exactement comme un bon album de death metal devrait le faire. Mais avec des dégâts qui ne se calculent pas de la même manière, par contre…

D’un côté, on voit des images du peuple vénézuélien en train de danser dans les rues, les MAGAs se frotter les mains et d’autres qui parlent d’un grand moment de démocratie. Comme de raison, les pétrodollars ne sont pas indiqués comme étant une source incitative face à cette opération mais l’objectif premier semble être atteint : on ne parle plus des dossiers Epstein. Oui, un début d’année qui se veut impétueux, ce qui n’est pas le cas avec les sorties metal car c’est toujours tranquille durant les deux premières semaines du début d’une nouvelle année.  

En 2026, il faudra attendre les sorties de Krushers of the World de Kreator et surtout, l’album qui se veut le ticket de sortie pour Megadeth! Mais il y a certains labels qui décident de sortir, tout de même, des productions en début de chaque année. C’est rare, mais ça existe! Comme Everlasting Spew Records avec un album qui se veut… puissant!   

Ectovoid, projet formé par des membres de Seraphic Entombment, poursuit ici son travail de nettoyage d’oreilles avec In Unreality’s Coffin, un troisième album qui confirme une chose : ce groupe sait précisément où il va, et surtout comment y aller sans les fioritures inutiles. On est face à un death metal précis, rigoureux dans l’exécution, mais suffisamment salaud pour ne jamais tomber dans l’exercice clinique et stérile. C’est froid, dissonant, mais jamais vide.

Avec Dissonance Corporeum, on sent que les riffs s’entrechoquent dans une logique volontairement inconfortable, avec une sensation de torsion permanente. Le souffle est sulfureux, la voix semble sortir tout droit de ta bombonne de propane. Rien n’est gratuit : la dissonance sert la tension, et non l’inverse. La batterie martèle sans excès démonstratif, renforçant cette impression d’un corps sonore en constante décomposition. C’est crasseux et bienvenue en 2026!

Sur Collapsing Spiritual Nebula, Ectovoid pousse encore plus loin cette impression d’effondrement. Les structures semblent se plier sur elles-mêmes, en mode galopant par contre, avec des transitions abruptes mais contrôlées. C’est un morceau qui respire l’angoisse caverneuse et ça martèle adroitement. Ici, l’espace est restreint et n’est pas contemplatif. Non, il est hostile!

Ectovoid joue sur la répétition et la variation minimale sur Formless Seeking Form. Le morceau avance comme une entité informe cherchant désespérément une cohérence, et c’est précisément ce qui le rend efficace. Le groove est discret, presque sournois, mais suffisamment présent pour ancrer le chaos total, bien servi par un chuchotement d’accompagnement subtil. Irradiated Self se distingue par une approche plus directe, presque brutale. Les riffs y sont plus incisifs, le tempo plus frontal. C’est probablement l’un des titres les plus agressifs de l’album, sans pour autant sacrifier la signature dissonante du groupe. Une irradiation sonore abyssale et qui demeure plutôt, méthodique!

Ensuite, Erroneous Birth ramène une lourdeur plus écrasante, avec des motifs répétitifs qui donnent l’impression d’un cycle sans issue mais carabiné. Le morceau joue habilement avec la frustration de l’auditeur, refusant toute résolution confortable, un brin déficit d’attention. C’est du death metal qui ne cherche pas à plaire, mais à s’imposer.

Enfin, In Anguished Levitation agit comme une conclusion logique et malsaine. Une élévation qui n’a rien de spirituel, mais tout d’un arrachement death métallique douloureux. Les textures sonores y sont particulièrement bien maîtrisées, un chuchotement propose une fois de plus une pétoche enviable, laissant une impression persistante de malaise une fois le silence revenu.

Au final, In Unreality’s Coffin est un album cohérent, dense et sans concession. Ectovoid ne révolutionne pas le death metal, mais l’exécute avec une intelligence certaine et une intégrité remarquable. En ce début 2026 qui se veut déjà chargé, cet album agit comme un rappel brutal : le chaos est constant, autant l’embrasser avec lucidité… et un volume suffisamment élevé!

Disponible le 9 janvier sur Everlasting Spew Records.

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