En ouvrant mon ordinateur ce matin, je suis tombé sur un paysage hivernal. Une montagne bien emmitouflée dans une épaisse couche de neige. À la base, je devrais être sous le charme face à cette image. Mon caractère de Saguenéen fait que l’hiver et ses images paradisiaques sont des choses communes, que je suis habitué aux mètres de neige et que le froid sous toutes ses formes ne me dérange aucunement. Comme je dis à la blague aux collègues de travail, un petit -15 degrés, ce n’est rien pour moi car c’est une température presque estivale pour un gars de Chicoutimi. Sauf qu’en ce 24 mars, moment de taper ce billet de blogue, j’en ai un peu marre de la neige.
Oui, je sais que c’est un fait québécois d’avoir de la neige en hiver. J’ai connu des hivers plus coriaces aussi, avec encore plus de neige mais en ce moment, je sens que je suis tanné de lacer (et surtout délacer) mes bottes, donner un coup de pelle sur les marches d’escaliers et de déblayer la voiture. Je ne pensais jamais devoir utiliser mon démarreur à distance mais maintenant, je le fais car j’apprécie me vautrer la raie sur un banc bien chaud plutôt que de me claquer une crise d’hémorroïdes sur un siège aussi frette que la patinoire du Centre Bell.
J’ai le goût de prendre une bière sur le perron, en écoutant de la musique, avec la porte-patio ouverte. Prendre une marche en espadrilles et manteau de printemps, avec mes écouteurs. Tsé? Allez-voir un show sans passer par le vestiaire?
Samedi c’était presque possible, mais dès le lendemain, c’était un 10 centimètres qui nous tombaient sur la flute.
Parler météo, c’est très québécois, je le sais et c’est très « discussion machine à café » au travail. Justement, dans mon milieu, tout le monde a eu sa dose de l’hiver et nous avons hâte de passer à autre chose, ça se sent sur l’humeur et sur l’enthousiasme.
Et comme de raison, le climat politique n’aide pas non plus…
Donc, mon rôle est de vous égayer, n’est-il pas? Vous ne venez pas ici pour une séance de déprime musicale qui parle d’une formation de doom metal oppressant à s’en couper les veines à grands coups de tesson de bouteille de vin cassé, trouvé près d’une crackhouse.
Non, un peu de bee-bop à loula!

J’y vais donc avec une formation américaine de crossover du nom de Life Cycles, question d’égayer votre journée. Originaire de San Antonio au Texas, le groupe propose un metal hardcorisé qui peut te remettre Power Trip et Dead Heat en oreilles. Les riffs thrash sont dans la même swompe, le vocal est aussi acidulé et les percussions bien précises. En ce qui concerne les guitares, les deux manipulateurs de la 6 cordes sont capables de lignes bien adroites, en plus d’y aller avec des solos bien aériens.
Après trois écoutes de ce mini album, qui se veut leur cinquième en dix ans, j’étais déjà embarqué dans le buzz proposé par cette bande d’hispanos métallicos car c’est d’une efficacité plutôt redoutable. Des titres avec des noms ravageurs comme la première qu’est Hell Beneath meublent cet album. Ce premier morceau est lourd, cadencé, slamant et on retrouve même une basse assez pimpante en portion médiane, question de créer un pont métallique efficace. Un solo de guitare plutôt précis se pointe et une zone d’accalmie musicale survient, pour mieux reprendre en mode dos courbé tout en pompant du haut vers le bas, vous voyez le genre?
C’est très thug et pit destroyer, pour être franc. On imagine aisément les gens dans une foule en train de faire une couple de katas, surtout sur la suivante qu’est Fatal Path, où chaque participant y va de sa meilleure crise de bacon, avant d’être engouffré par le pit lors de la partie centrale de ce morceau qui propose, justement, des ponts musicaux qui offrent autant un repos certain que des moments de performances à la guitare.
Ensuite, No Man’s Land se veut la balourde du lot. Plus poisseuse, c’est le temps de bomber le torse et de remonter les épaules, comme si tu te retrouvais sur la D-Line lors d’une game de football (le vrai, pas le soccer) et une fois de plus, le lead de guitare est bien audible et rappelle les belles années de Suicidal Tendencies. Ensuite, ça grafigne solide sur le jeu des musiciens et le tout se transpose sur Mirror of Doubt qui remet le pied au plancher. Circle pit, tiens ta bière à deux mains sinon elle ne devient qu’un projectile.
Cette présentation qu’est No One Escapes Death se replie sur elle-même avec Soul in Chains, une chanson plus contrôlée et contenue et Life Cycles ferme définitivement ce chapitre avec The End Still Awaits, une chanson plus précise dans sa livraison mais qui demeure tout de même bien rythmée mais qui reste bien rondouillarde et punitive.
Comme de raison, Life Cycles ne réinvente absolument rien dans le domaine mais permet de profiter de bons moments musicaux qui déménagent. De plus, le travail à la guitare se veut pointu, ce qui permet de confirmer que dans ce genre, il est tout de même possible d’allier justesse et agression.
Production contenue et compacte de 22 minutes, il est facile de faire une écoute triple de No One Escapes Death et se disant que No On Escapes Winter, gériboire…
Disponible le 27 mars sur 1126 Records.