C’est dimanche après-midi, et je dois avouer que c’est plutôt difficile de faire un billet sur un artiste américain après la défaite crève-cœur du Canada lors du match de la médaille d’or. Le match était enlevant, domination canadienne sans équivoque, les Américains n’étaient pas vraiment en mode offensif, ils ne faisaient que ramasser la rondelle lorsqu’il y avait erreur de la part des joueurs de l’unifolié. Après trois périodes et un pointage de 1 à 1, arrive la prolongation qui se veut des confrontations de trois joueurs contre trois. Je déteste ce concept lors des prolongations, mais vraiment.
Et je n’ajoute pas ce commentaire car le Canada a perdu après le tir de Jack Hughes. Même si la troupe de McDavid avait remporté la médaille d’or lors de cette prolongation, je serais encore contre le système du 3 VS 3. Je suis un fan de hockey de la formule antique des années ’80, dans les temps des divisions et des conférences, ce qui veut dire que lorsqu’il y avait surtemps, c’était 5 contre 5. De voir les visages un brin zingbat des Tkachuk arrive aussi à me faire pomper, surtout que Brady doit penser que sa médaille doit être fabriqué en chocolat et qu’il va essayer de trouver le bout du foil pour enlever l’enveloppe dorée…
Oui, on a le droit de les détester, mais on les prendrait bien dans notre équipe montréalaise lors de la saison régulière quand même. Même chose avec Tom Wilson du Canada, quand j’y pense. Il y aussi le fait que le Donald va en profiter pour nous domper dessus une fois de plus, quoiqu’il risque plus de faire une crise de nerfs pour obtenir la médaille de Hellebuyck.
En allant marcher pour purger la vapeur de la rage liée à cette défaite, je me suis taper la nouveauté de Rob Zombie, cet artiste américain, justement. Non, je ne me mettrai pas à boycotter tout ce qui est au sud de la frontière en relation avec cette défaite. Non, j’écoute cet album en mode « REPEAT » depuis une semaine, phénomène qui me surprend, je dois l’avouer car je ne m’attendais aucunement d’écouter cet album qu’est The Great Satan, en loop!
Comme de raison, les habituels Yeah! Motherfucker! Son of a Bitch! sont nombreux tout au long de cette présentation sonore qui demeure dans le moule conçu et respecté depuis des années par Robert Cummings. Mais The Great Satan est probablement son album le plus metal depuis un bon bout. C’est groovy par moments, c’est qui est inévitable mais nous retrouvons aussi une touche plus sombre, des lignes plus électro-saligaudes et comme vous devez vous y attendre, un peu de boogie woogie.
C’est métalliquement audible sur F.T.W 84, morceau qui ouvre l’album. Plus près de ce que Zombie offrait avec White Zombie, c’est vif et vigoureux. L’attaque vocale est plus acidulée, et la guitare de Mike Riggs (de retour!) et l’ancien batteur de Marilyn Manson, Ginger Fish, est plutôt fluide sur cette pièce qui se veut solide comme mise en place. En position deux sur l’album, la troupe y va avec Tarantula, une rapide qui se veut bien martelée par les percussions et les claviers spooky viennent puncher aux moments les plus opportuns, en plus d’avoir Robert qui nous hurle des WhapBapeLoula, sans ajouter de Tutty Fruity, par contre.

Couverture qui rappelle des démos des années 90, on sent que Rob nous fait un retour aux sources perfides du son Zombiesque et avec (I’m a) Rock N’ Roller, c’est un mélange entre le psychédélisme et les cadences dansantes, ramenant le tout à Hellbilly Deluxe tandis que Heathen Days nous replonge vers l’album Psalm 69 de Ministry. Sortez vos bottes à cap pour giguer métalliquement sur la chanson Black Rat Coffin et par la suite, allez les ranger dans la baignoire (comme à noël, chez nos matantes) parce qu’avec Sir Lord Acid Wolfman, on se retrouve avec la portion remplissage de l’album.
Effectivement, cette chanson vient casser le moule originel et se veut un peu plus mollasse dans son exécution, avec beaucoup moins de conviction qu’avec ce qui est présenté depuis le début de The Great Satan. Avec sa rythmique pataude, j’avais l’impression d’entendre la suite de Trois Petits Cochons de Dan Bigras et l’esprit maléfique du Ministry des belles années revient sur Punks and Demons. La troupe nous remet en mode de piler des patates avec nos bottes à cap sur la pièce The Devilman et la basse de Rob « Blasko » Nicholson est très audible sur Out of Sight.
Le périple se poursuit tout en fuzz avec Revolution Motherfuckers et le metal reprend un certain élan sur The Black Scorpion, avec un orgue qui semble être joué par Lurch, le majordome de la Famille Addams. Pour finir, une dose de psychédélisme avec cette chansonnette étourdissante du nom de Unclean Animals qui, heureusement, se retrouve à la toute fin de l’expérience sonore car son effet virevoltant dans la voix, en plus des guitares aériennes, m’amènent à arrêter l’album pratiquement à chaque écoute…
Lors de l’expérience sonique, nous retrouvons quelques interludes musicaux qui proposent des bidouillages et quelques voix qui se veulent fantomatiques ou échantillonnées de vieux films de série B, question de bien servir cette visite sonore zombifiante.
Non, ce n’est pas un album qui se veut parfait mais je suis bien heureux d’avoir pu renouer avec Rob Zombie. Nous ne retrouvons pas de gros morceaux à te faire aller le bassin comme Feel So Numb ou Dragula, mais The Great Satan est plutôt une affirmation musicale grinçante et juste assez tonitruante qui confirme que la troupe cadavérique n’a pas uniquement sorti un album de réchauffé pour se permettre de partir en tournée en mode kif-kif avec Manson.
Et pour ce qui est d’une visite de Robert, il semble que le Québec soit encore boudé par le maître du boogie woogie horrifique et que tu devras te déplacer dans la Ville Reine si tu veux assister à la version 2026 de ce qui est proposé par Señor Zombie.
Tant qu’à faire, aussi bien attendre son prochain film…
Disponible le 27 février sur Nuclear Blast Records.