Vous savez, nous, les scribes métalliques, nous aimons taper sur notre clavier pour vous faire un compte-rendu efficace de la soirée à laquelle nous avons participé. Certains prennent des notes (je le faisais jadis) mais certains n’utilisent que leur mémoire (ce que je fais, maintenant, même à 51 ans) ce qui peut causer de belles surprises. De plus, il est intéressant d’avoir aussi de belles images, des photos splendides qui accompagnent les textes que nous vous pondons, nous, les journaleux métallifères. Il est toujours intéressant d’avoir le repère visuel qui vient avec le concert, ce qui se veut une tâche ardue pour les photographes de concerts qui doivent jouer du coude dans la fosse, juste devant la scène.
Je dis « fosse » mais parfois, il n’y en a pas. Par exemple, au Fairmount ou aux Foufs, il n’y a pas d’espace réservé pour ses vaillants et vaillantes techniciens et techniciennes de la lentille. En mode bénévolat à 95% du temps, c’est une œuvre de passion de faire de la photo de shows, même constat pour l’écriture métalloïde. Non, y’a pas une cenne Éphrem! La seule rétribution demeure un accès au spectacle. Oui, c’est ça le deal! Tu entres sur le bras de la princesse et tu offres un résumé de la soirée, et comme je vous le disais, c’est toujours mieux avec des photos. Surtout que nos photogaphes de partout dans la province sont des pros, on ne se le cache pas et je sais que vous adorez leurs « shots » de la barrière où l’on vous voit devant la clôture, faisant vos plus beaux horns pour le Canon!
Mais tu n’as pas accès à la salle juste parce que tu possèdes un appareil ou parce que tu as un compte Instagram dans lequel tu proposes tes impressions. Non, tu dois être lié à un site web reconnu et lorsque c’est fait, tu dois faire des demandes médias, qui peuvent être acceptées ou refusées.
Oui, ça arrive d’être refusé!
Par contre, pour ce concert qu’est Orbit Culture, nous avons reçu l’approbation du représentant canadien de la compagnie de disque, deux jours avant mais le jour même du concert, le promoteur local a envoyé un courriel à tous les médias pour dire qu’aucun photographe n’avait de passe pour le concert. Je trouvais le tout étrange, très étrange. J’ai donc écrit aux deux représentantes de Century Media au Canada qui elles, ont écrit au tour manager de nos amis de chez Orbit Culture!
Comme par magie, 5 minutes plus tard, tous les photographes étaient admis! Ce qui confirme que parfois, il faut cogner plus fort à la porte pour être entendu, non?
Photographes qui étaient sur place jeudi soir, vous m’en devez une!
C’était la formation finlandaise Atlas qui ouvrait le concert. Avec leur look de Cenobites de la série de films Hellraiser, je m’attendais déjà à détester leur prestation. Quand les premiers coups ont été donnés, j’ai vu leur guitariste y aller de quelques petits pas de danse très zen pratiquement Hari Krishna dans l’exécution, comme s’il était en transe. La basse était très audible de ma place et il y avait de nombreux déplacements devant la scène de la part des agents de sécurité.
Après quelques mouvements, j’ai vu un agent de la propreté passer avec sa serpillère, question de venir mopper ce que devait être un vomi bien dégorgé. Tout a été réglé rapidement, aucune puff ne s’est retrouvée dans mes narines, quoique j’ai le rhume solide.
Après cette distraction visuelle, je me suis rendu compte que ce qui se passait sur scène me plaisait grandement. Moi qui s’apprêtait à détester avec passion, je me suis retrouvé à apprécier cette expérience de la part de cette troupe finlandaise qui, comme Amorphis, s’inspire de la mythologie régionale pour ses textes.
Cette information, c’est le guitariste qui me l’a donné après leur concert car les membres étaient à la table de merch pour jaser et vendre des items.
Musicalement, j’entendais des touches de Deftones, Samael et Godflesh mais dans un moule de metalcore très moderne. C’était hypnotisant comme proposition, et j’ai été grandement impressionné par Atlas.
Ov Sulfur est un groupe de deathcore qui nous vient de Las Vegas. Avec leur chanteur colossal, qui arborait une camisole à l’effigie de Sammi Curr du film Trick or Treat, le groupe se veut imposant sur scène, avec leur batteur au maquillage horrifique, on sent qu’Ov Sulfur se veut massif mais en même temps, le tout entre en contradiction avec les bouilles sympathiques des musiciens qui avaient vraiment l’air d’apprécier l’accueil montréalais.

Je ne suis pas un grand fanatique de deathcore mais je suis capable de confirmer quand un groupe est à sa place et Ov Sulfur, jeudi soir, n’était pas sur place uniquement pour ouvrir pour un groupe suédois. La formation était là pour s’imposer et c’est ce qu’elle a fait en y allant avec des chansons qui provenaient des deux albums qui composent la discographie d’Ov Sulfur.
Quand on parle de deathcore, il faut penser aux petites passerelles devant la scène pour venir flexer devant la foule, des tourbillons avec l’instrument à cordes (spécialités du bassiste Josh Bearden qui a des airs avec le personnage de Crotte de Nez dans la Revanche des Tronches) mais surtout le caractère titanesque de Ricky Hoover, le chanteur qui semble provenir du même moule qu’Alex Terrible.
Avec des morceaux comme Forlorn, Wither et Vast Eternal, les Américains ont su maximiser avec un habile mélange de deathcore et quelques lignes plus accessibles, ce qui a permis à la foule de prendre quelques élans les uns dans les autres, en plus de créer quelques murs de la mort, une convention dans le genre.

À la fin de prestation, lors des remerciements d’usage, le photographe du groupe (qui n’a cessé de se promener sur scène pendant la quarantaine de minutes, tout en prenant des shots en peu random avec son bloc lumineux) est apparu avec un gâteau qui se voulait monté dans un crate à poulet BBQ que l’on retrouve à l’épicerie. Surpris, le chanteur Ricky Hoover a cessé de parler pour que l’on puisse lui chanter Happy Birthday car en ce jeudi soir, il célébrait son 41e anniversaire!
Tous sont sortis de scène, avec le sourire aux lèvres.
La dernière visite d’Orbit Culture se voulait au Théâtre Fairmount. Lors de cette soirée, on sentait que c’était très compacté et que lors de la prochaine occasion, ce ne serait pas dans cette salle mais dans quelque chose de plus vaste, plus grand. En y allant avec le Beanfield, le choix se voulait judicieux quoique je sens que la prochaine visite risque d’être dans un établissement encore plus vaste. Comme je le dis souvent, ce groupe représente l’avenir du metal moderne étant donné que de nombreux publics peuvent s’y accommoder. Le fan de Fear Factory, l’amateur de Behemoth, les fanatiques de death metal autant que le féroce féru de Metallica, Orbit Culture ratisse plutôt large.
Le groupe a opté pour une scène plutôt « sobre » avec un fond de scène qui représente le dernier album du groupe tout en ayant des racks lumineux qui proposent des éclairages vigoureux mais surmontés par une partie visuelle de la couverture du dernier album, l’intéressant Death Above Life.

C’est justement sur la chanson titre que les musiciens se sont présentés sur scène. Eux aussi, visiblement heureux d’être à Montréal, tout était fluide musicalement et très précis. Les alternances entre la voix plus courroucée et la parcelle plus claire se veut un atout pour Niklas Karlsson, qui joue aussi de la guitare en plus de ne jamais manquer une seule intonation.
Éclairage qui donnait beaucoup dans les teintes verdâtres, les musiciens se promenaient sur scène, prenant position pour y aller avec un tour de chant ou pour venir puncher au niveau de la voix d’accompagnement, sur des chansons comme The Storm, The Tales of War et surtout, North Star of Nija, qui demeure leur plus gros canon métallique! Pas de répit, les chansons se suivaient et l’énergie était palpable sur le plancher, ça se rentrait dedans à profusion mais le tout dans un esprit participatif, aucunement destructif.
Saw, From the Inside et Bloodhound se sont retrouvées dans nos oreilles. J’ai profité de la chanson The Shadowing pour aller me chercher une dernière bière. Morceau plus calme et apaisant, je me suis dit que je devais en profiter, étant donné son caractère plus moelleux car par après, Orbit Culture y est allé avec Open Eye, qui se veut aussi plus sinueuse (me laissant le temps de revenir à ma place originelle!) mais la finale avec While We Serve, Hydra et Vultures of North se voulait intense.

Après le concert, je me sentais vidé mais comblé. Oui, j’avais travaillé au courant de la journée mais je sentais plutôt que mon énergie avait été aspirée par la présence d’Orbit Culture qui a cette capacité de te faire embarquer amplement dans leur trip! Il ne me restait plus qu’à retourner à la maison pour une nuit de sommeil bien méritée car le lendemain matin, je quittais pour Québec (c’est pour ça que mon texte est publié plus tard!) pour aller voir Exodus, Anthrax et Megadeth, au Centre Vidéotron.
Oui, à 51 ans, je suis encore comme ça… Je vais voir des shows, j’écris sur le genre et surtout, j’aide mes compatriotes photographes!
Et tout ça, pour votre bon plaisir!
