En regardant mes derniers billets de blogue, je me rends compte de quelques phénomènes plutôt intéressants. De un, mes 4 précédents concernaient toutes des formations dont le nom débute par la lettre A et de deux, il y a de nombreuses formations qui offrent une sonorité très accablante. J’imagine que le timing pour les labels se veut parfait pour ce genre de metal plutôt déprimant, même si j’estime que le type de metal proposé par Amiensus, My Dying Bride et ARÐ serait plus du metal d’automne. Dites-vous qu’il y a un nouveau Alcest qui s’en vient aussi, le lendemain de l’arrivée officielle de l’été. 

Ce n’est pas mon genre de timing, j’aime que chaque chose soit représentative de sa période précise. Par exemple, je n’ai jamais été de type Noël du Campeur. Je ne suis pas un type camping, à la base. Aller mal dormir dans une tente humide, manger dans des assiettes en carton et contester mon territoire avec un nid de fourmis, très peu pour moi. Donc de fêter noël en juillet se veut excessivement futile.

Pour ce qui est de mon metal de type automnal, je suis bien capable de le prendre en mode estival, surtout lorsque c’est bien fait. Avec Pallbearer, c’est une situation gagnante. J’imagine que le fait que mes écoutes se déroulent lors du dimanche matin en sirotant le café, cela aide ou en allant faire une randonnée en forêt.

Mais pas en grillant un steak sur le BBQ ou faisant des bombes dans la piscine familiale. Chaque chose en son temps.

Avec ce nouvel album qu’est Mind Burns Alive, le groupe a peaufiné sa sonorité. Vous avez probablement fait ce constat lorsque le groupe a lancé le premier simple qu’est Where the Light Fades. La voix de Brett Campbell est si soyeuse que je croyais que c’était une collaboration avec un chanteur plus douillet, du genre d’un Ed Sheeran, étant donné la tonalité atteinte. Chanson d’une douceur incroyable, je me demandais si ce n’était pas une reprise d’un artiste comme Nick Drake. Mais non, ceci est bel et bien la nouvelle « façon » de faire du groupe et le tout se ressent tout au long de l’écoute de ce nouvel album qu’est Mind Burns Alive.    

En faisant l’écoute à de nombreuses reprises de cette pièce, sortie il y a quelques semaines quand même, je me suis aperçu que les arrangements se voulaient puissants dans cette chanson, phénomène qui se poursuit tout au long de l’album. Avec une ligne de claviers très vaporeux, éthéré et brumeux, elle se veut subtile mais tellement poignante.

En entendant un saxophone plutôt étonnant sur la chanson Endless Place, je me suis demandé ce qui se passait. Pas dans le sens où c’était inapproprié, c’est surtout parce que cela fittait tellement, que je me suis dit que le gars derrière la console, donc le producteur, devait être une grosse pointure du genre hard rock comme Nick Raskulinecz ou Brendan O’Brien. Aucunement, car ce nouvel album a été produit par le groupe lui-même et dans leur propre studio, en Arkansas. Production maison mais avec aucune main externe!

Beau bouleau, les gars…

Ce que j’ai toujours apprécié avec Pallbearer, c’est cette façon d’amener l’auditeur sur le rebord du coussin de son divan. Les musiciens du groupe sont capables de créer des montées en intensité avec leur musique, ce qui se veut essentiel dans le doom. Même si l’album débute en douceur avec Where the Light Fades, la suivante qu’est la chanson titre ne nous amène pas dans une sphère différente. Une fois de plus, on remarque l’approche vocale très soyeuse de Campbell. Il susurre les paroles jusqu’à ce qu’il reprenne sa tonalité habituelle pour confirmer que son esprit s’est allumé. Ligne de basse poisseuse bien accompagnée par les percussions, la guitare n’a plus qu’à offrir une ligne solidement influencée par Type O Negative pour la finale de la pièce.

La pièce Signals me faisait penser aux années grunge quand un groupe y allait avec une complainte minimaliste en plein milieu de l’album. Pallbearer nous fait le même tour avec celle-ci, sauf qu’il y a une légère explosion vers la partie centrale de la pièce, question de lui donner un élan adéquat pour se rendre vers la fin du compteur. La guitare acoustique qui ouvre Endless Place est rejointe par une ligne de clavier qui confirme que Pallbearer n’ira pas dans l’impétuosité, une fois de plus. Même avec une cassure de distorsion, cette chanson demeure sombre et comme je le mentionnais plus haut, le saxophone se veut bien introduit dans l’esprit de la pièce, un peu comme le faisait Pink Floyd sur Us & Them, de l’album Dark Side of the Moon.

Daybreak suit la même ligne, avec une entrée plus moelleuse pour ensuite offrir une ouverture plus croustillante en plein milieu de ses entrailles. Fidèle à son habitude, le lead de la guitare se veut poignant et nous dirige lentement vers la finale qu’est With Disease, avec ses 10 minutes. Pièce la moins intéressante du lot, je crois que c’est l’approche vocale plus frétillante en ouverture qui m’a découragé face à ce long fleuve musical.

Musique du dimanche matin, café agrippé par l’anse de la tasse, le deuxième trimestre de 2024 offre déjà des albums d’automne. Ce sera à se demander si cet album de Pallbearer sera encore pertinent en novembre et si nous serons de retour avec l’essence d’hiver, à ce moment de l’année…

Disponible le 17 mai sur Nuclear Blast Records.

www.facebook.com/pallbearerdoom

Photo : Dan Almasy