Je pense que nous avions besoin d’un album de reprises de la part de Dimmu Borgir autant que nous avions besoin de Bernard Drainville qui chante une chanson des Cowboys Fringants lors d’un point de presse. Quel est l’intérêt, vraiment? Surtout que la plupart des chansons était déjà disponible depuis des années.   

Est-ce une façon de se sortir de son contrat avec Nuclear Blast? Peut-être. Est-ce une façon de capitaliser un brin tout en gardant le nom bien vivant? Peut-être. Nous savons que le groupe se veut de plus en plus absent de la scène et ce, depuis de nombreuses années et leurs derniers albums n’ont pas enchanté les amateurs.

À moins que la jauge à inspiration soit tout simplement au plus creux, au plancher et ce, totalement? Ceci est probable aussi. Quoiqu’il en soit, cette sortie ne fait que renforcer l’idée que les sorties de fin d’année demeurent bien souvent des trucs que les labels ne veulent pas trop promouvoir.              

Si tu as pris le temps de t’arrêter sur cet article, j’imagine que tu aimerais au moins savoir à quoi t’attendre musicalement face à cette compilation de reprises de Dimmu Borgir. Lorsque le groupe s’attarde aux interprétations qui proviennent de sources métallifères noircies, le tout est fait avec conviction et respect. Par exemple, leur version de Black Metal de Venom demeure près de l’originale et elle ne se veut pas alourdie par des orchestrations. Dimmu Borgir a décidé de rendre hommage, non pas de les transformer avec leurs propres ingrédients.

Même chose avec les deux versions (une plus propre, l’autre plus crottée) de Nocturnal Fear de Celtic Frost et Satan My Master de Bathory, tout est dépouillé. Ce que j’apprécie sur cette collection, ce sont les chansons plus surprenantes, plus classiques et qui ont été adaptées un brin, à la Dimmu Borgir. Par exemple, Metal Heart de Accept avec une approche plus assombrie, Burn in Hell de Twisted Sister avec Vortex à la voix d’accompagnement et surtout Perfect Strangers de Deep Purple

Effectivement, tout en restant très près de l’originale, Dimmu Borgir a incorporé des éléments plus dramatiques, des variations de voix, ce qui rend cette version vraiment intéressante et fichtrement réussie. C’est ma préférée du lot.

D’un autre côté, la reprise de Dead Men Don’t Rape de G.G.F.H me laisse plutôt froid. Formule plus industrielle, je me sens moins attiré par cette version, quoique d’y aller avec ce choix nous confirme que la sonorité plus « contemporaine » de Dimmu Borgir se veuille inspirée par cette faction sonore.

En gros, Inspiratio Profanus n’offre pratiquement rien de nouveau pour le véritable fan qui a probablement déjà entendu cette série de chansons, d’une façon ou d’une autre. De la posséder en format physique sera un plus pour le fanatique féroce quoique l’amateur de passage ne sera point impressionné.

Est-ce que cette collection confirme que le groupe soit en perte d’inspiration? J’en doute car le guitariste Silenoz a déclaré en entrevue que Dimmu Borgir travaillait sur de nouvelles chansons. D’ici à ce que nous puissions entendre du nouveau matériel, nous pouvons rester dans le doute mais avec un soupçon de confiance face aux Norvégiens qui demeurent prudents, musicalement, depuis des années.

Disponible le 8 décembre sur Nuclear Blast Records.

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