Il y a certains moments qui demeurent privilégiés pour écouter certains artistes. Je sais, tu ne viens pas ici pour lire un éditorial qui pourrait se retrouver sur le site Web de Météomedia mais je suis un fervent défenseur de la théorie qui dit que certaines températures puissent être associées à l’écoute de certains artistes. Non, je ne te parle pas du fait qu’il faut écouter du Pitbull lorsqu’il fait soleil. De toute façon, pas trop le choix étant donné qu’il annule ses shows pour des raisons «d’avion» mais il semblerait que ce soit plutôt la pluie qui le titillait. Anyway, musique de douch amène une attitude de douch, n’est-il pas?

Lorsque j’ai reçu la copie promotionnelle du nouvel album d’Alcest, du nom de Les Chants de l’Aurore, je l’ai mise de côté pour pouvoir maximiser sur le réenregistrement de Schizophrenia des frères Cavalera. Je me suis remis de cette production musclée et c’est lundi de la semaine passée où je me suis mis le nouvel album d’Alcest, dans les oreilles.

De retour du travail, je baignais déjà dans mon propre jus. Il faisait une chaleur suffocante mais je me devais de m’activer le corps. J’ai donc enfilé une tenue plus légère que mon pantalon/chemise, et je me suis retrouvé dans les rues de mon quartier pour ma marche quotidienne, exercice d’une quarantaine de minutes environ.

Écoute initiale, je n’étais pas dedans une seconde. Pas pantoute, aucunement. C’est le lundi, c’est toujours une journée particulière, me dis-je. Je répète le manège le lendemain, lors d’une température suffocante où même des canards viennent se rafraichir dans ma piscine. Rien à faire, pas écoutable. Je ne suis pas dedans et je me demande si je n’ai pas fait le tour avec Alcest, formation que j’écoute depuis plus de 15 ans.

C’est pratiquement impossible. Est-ce que le groupe est rendu trop mou? J’en doute. J’ai même été l’un des premiers à défendre l’album Shelter, lors du détour shoegaze entamé par la formation française, en 2014. Une fois de plus, je devais faire un retour sur moi-même et me demander ce qui clochait avec cette nouveauté du nom de Les Chants de l’Aurore.   

En fin de semaine, c’était la poisse au niveau température. La flotte totale, c’était gris et depuis le début de la semaine, les degrés sont vers le bas et c’est plus frais. Ambiance climatique à l’extrême face à celle de la semaine précédente, je me suis dit que c’était le temps de donner une nouvelle chance à cette production de Neige et de Winterhalter.

Changement de cap total pour ma part et décision astucieuse de ma part, j’ai vraiment été en mesure de m’englober dans cet album. Ensoleillement proposé par la pièce initiale qu’est Komorebi, celle-ci débute l’album avec un positivisme certain. Tout est clair, pur et étincelant avec cette chanson, ce qui a proposé un contraste évident face à ce que je pouvais voir au travers de la fenêtre. 

Cette température pratiquement automnale a été un compagnon idéal pour L’envol et Améthyste, deux chansons poignantes, éthérées et englobantes. Par contre, Neige lance quelques lignes bien feulées, question de créer un contraste avec le reste. Avec Flamme Jumelle, Alcest poursuit sur la même lignée quoique la finale demeure plus scintillante. Ensuite, la pièce Réminiscence vient offrir un pont avec le reste de l’album. Morceau qui offre une place au piano, cette parcelle instrumentale nous amène vers L’Enfant de la Lune, qui développe une certaine puissance tout au long de cette promenade musicale.

Finalement, le morceau L’Adieu sonne comme s’il parvenait des sessions de Shelter, avec son approche plus réconfortante, agissant comme un puissant sédatif. Cette chanson propose un effet de cohabitation pertinent avec le reste du matériel qui se veut bourdonnant au niveau des guitares tout en étant aussi planant sur les lignes musicales principales.

Avec la canicule qui frappe à nos portes, je sens que je vais devoir ranger ce nouvel album d’Alcest pour son manque de pertinence face à une écoute en période climatique asphyxiante.

Mais n’ayez crainte, je ne vais pas me mettre au Pitbull pour autant…         

Disponible le 21 juin sur Nuclear Blast Records.

www.facebook.com/alcest.official

Photo: Andy Julia