C’est quoi le gramophone? C’est un court billet pour vous partager des coups de cœur du moment sans pour autant en faire de longs articles d’analyse. C’est bon parce que ça vient me chercher tout simplement et je vous le partage par amour de la musique. Le concept est simple, à chaque chronique je vous propose 2 parutions telles les 2 faces d’un bon vieux disque vinyle.

Face A – Asenheim : Heimweh

Asenheim est l’une de ces formations que j’ai pu découvrir dans les méandres d’Internet. Fondé en 2006, le groupe allemand ne lançait rien de moins que son sixième album complet le 27 mars dernier! Avec Heimweh, le groupe propose un black metal agrémenté de touches pagan très bien intégrées aux pièces. Bien que le projet semble avoir éprouvé beaucoup d’instabilité depuis sa création, Tiwaz, l’homme derrière le projet, s’est bien entouré depuis 2017 en ayant recruté Valfor, batteur de la formation Slagmark mais aussi membre de Totenwache, une formation allemande en pleine ascension.  

Ce qui est de l’avant avec Asenheim c’est sans conteste la voix de Tiwaz. La rythmique de la langue allemande aidant, le débit lyrique martèle syllabe après syllabe, apportant une ponctuation percussive. Les guitares sont légèrement effacées même si elles se veulent bien grésillantes, n’en demeure pas moins qu’elles nous offrent des mélodiques épiques qui sont de véritables vers d’oreille. Il en va de même des arrangements de claviers très présents qui ajoutent une touche onirique voire fantastique. Même si elles flirtent par moments avec des sonorités à la limite du « cheap-joyeux » des claviers bas de gamme, ces mélodies font plaisir à entendre et on embarque tête première dans l’ambiance. La batterie est quant à elle, très appuyée et vient ajouter un côté martial plus que pertinent dans cette pâte de son dynamique.

Mention honorable aux illustrations qui ornent les trois dernières parutions du groupe. Le visuel est très accrocheur et dépeint à merveille les ambiances sonores de leur albums. La qualité principale de cet opus est selon moi qu’il s’agit d’un album qui s’écoute d’un bout à l’autre sans sauter de pièces. Enfin, je conclurai que produire un album consistant, dont chaque titre mérite de perdurer dans le temps, est un exploit que peu de groupes réussissent à faire dans une carrière. Dans le cas présent, il n’est pas présomptueux de concéder le fait qu’Asenheim a relevé ce défi haut la main avec Heimweh.

https://asenheimofficial.bandcamp.com/

Face B – Bythos : The Womb of Zero

C’est connu, les scènes black metal sont généralement incestueuses et c’est particulièrement le cas en Finlande. La formation Bythos n’y fait pas exception puisqu’elle regroupe deux musiciens d’Horna ainsi que l’ancien chanteur de Sargeist. Fondé en 2015, c’est deux ans après sa création que le trio avait fait paraitre une première promo éditée à seulement 30 copies et ce n’est qu’en avril 2020 que le premier opus complet The Womb of Zero vit le jour. La question qui s’impose à ce stade est la suivante : le temps valait-il l’attente?

Si le pari de Bythos est de nous amener dans un autre univers avec son black metal mélodique mais posé, c’est réussi. J’utilise ici la mention « posé » parce que nous ne sommes pas en présence d’un album aux titres très dynamiques où vitesse d’exécution et prouesses techniques sont à l’avant-plan. Il serait également réducteur de dire qu’on nage dans les eaux du black métal atmosphérique, mais il est certain que la pesanteur des riffs, le choix des arrangements et la vitesse très low-pace des chansons nous porte à l’introspection tout en faisant des oui-oui de la tête bien appuyés.

Les riffs sont souvent composés d’une guitare rythmique en arpège et d’une seconde plus mélodique qui apporte sporadiquement des leads bien sentis. La cadence en 6/8, donne une swing plus langoureuse aux chansons, ce qui fait différent de la formule habituelle en 4/4 qui vient ancrer le tempo en donnant une dynamique plus « carrée ». À mon grand étonnement, le groupe a décidé d’y aller avec une production assez léchée qui sied très bien aux pièces et qui laisse l’auditeur s’imprégner de l’atmosphère des chansons.

Je ne peux passer sous silence le timbre de voix d’Hoath Torog qui scande les hymnes lucifériens du groupe ainsi que les arrangements vocaux sporadiques, notamment dans la pièce Omega Dragon, qui apportent assurément une valeur ajoutée à l’atmosphère générale de cet excellent opus que j’ai découvert sur le tard.

https://bythosofficial.bandcamp.com/album/the-womb-of-zero