L’autre jour, sur une page de métalleux, un membre a posté une question avec une image qu’il avait probablement trouvée sur une autre page musicale. La question était, et je vous offre la traduction car nous sommes francophiles : « Quel groupe peux-tu reconnaitre immédiatement grâce à la sonorité de la basse? » D’emblée, j’ai tapé Primus qui se voulait le choix le plus évident pour moi mais j’avais en tête, aussi, Ufomammut. Trop tard, j’avais déjà appuyé sur ENTER. De toute façon, qui connait ce groupe italien?   

Malgré une carrière qui couvre plus de deux décennies, Ufomammut n’a jamais vraiment pu exploser en Amérique. Œuvrant dans une sphère musicale plus doom stoner et psychédélique, c’est rarement une musique qui se veut festive et unificatrice. Très cérébrale, l’offre des Italiens s’en veut une puissante qui offre du carburant au hochement de tête, en mode oui-oui.

De mon côté, je suis le groupe depuis leur album en collaboration avec Lento, sorti en 2007. Je tapais sur mon clavier pour BangBang et dans ces temps immémoriaux, nous recevions nos copies promotionnelles en format physique. Cet enregistrement m’avait plus, sans me faire exploser la tête tout de même mais la mèche était bien allumée et ma curiosité face à Ufomammut était ardente. Par la suite, j’ai pu poursuivre mes écoutes face à cette formation car leur signature chez Neurot Recordings faisait que leurs enregistrements se voulaient disponibles dans le coin, au lieu d’avoir à passer par des importations, des téléchargements douteux sur Pirate Bay ou de devoir passer par EBay.

Lorsque j’ai reçu leur nouvel album Hidden, il y a quelques jours, je salivais de satisfaction. Même si leur production précédente Fenice m’avait laissé dans un état insensible, je savais que Ufomammut ne pouvait que rebondir car ce groupe demeure plutôt stable, linéaire mais surpuissant dans sa sonorité.

Je me suis clanché à profusion Hidden. Mais vraiment. Cet album propose l’équivalent d’un voyage musical étant donné les détours pris par le groupe avec leurs transitions massives, la domination de la basse et les bidouillages atmosphériques font que les pièces proposées par le groupe sur cet album demeurent des moments de locomotion qui t’expédient dans un état cérébral irréel.

Crookhead débute l’album avec parcimonie. On tente d’épargner l’auditeur avec un vrombissement plutôt suffocant, te donnant l’impression d’être comme le personnage sur la couverture, donc enseveli sous terre. Vers la quarantième seconde, ton corps émerge et tu te sens expulser de ce trou. La basse est oppressante, la guitare anéantit et les percussions sont bouleversantes.

Ensuite, Kismet est proposée avec une puissance vocale plutôt dynamique. Cette pièce est probablement la plus accessible de l’album et elle se veut excessivement entrainante. Malgré sa facilité aux hochements de caboche, les musiciens sont en mesure de demeurer lourdauds sur celle-ci, en plus d’y aller avec quelques bidouillages atmosphériques qui viennent solidifier ce fleuve musical de près de 9 minutes.

Gardant la ligne bien adipeuse, Ufomamammut poursuit avec Spidher et c’est plus écrasant sur Mausoleum. Aucunement à court face aux communications musicales bourdonnantes, c’est avec Leeched que l’anéantissement de ton canal auditif se poursuit et le trio de musiciens se permet le psychédélisme déstabilisant sur Soulost.

Bref, un album fichtrement complet qui se veut un essentiel en 2024. C’est lourd, la basse vrombit et c’est parfait ainsi!     

Disponible le 17 mai sur Neurot Recordings.   

www.facebook.com/ufomammutband/